Martial est un fidèle de Huwans clubaventure depuis de nombreuses années. De la Réunion, à la Sicile en passant par l’Afrique, la liste de ses aventures est longue! Après avoir participé aux deux premières étapes d’Afrik’Aventure en 2010, Martial s’est lancé dans un autre projet Huwans: parcourir les six étapes de notre grande expédition 2012 au Népal. Récit en images d’un aventurier Huwans entre dépaysement et immersion.

Un nouveau visage du Népal

J’ai découvert un Népal que je ne connaissais pas loin du tourisme des circuits des grands treks. En un seul voyage, nous avons découvert des régions très différentes avec des ethnies aux coutumes spécifiques avec des langues particulières. Des paysages surprenants se sont offerts à nous, des collines recouvertes de théiers, des cultures en terrasses et sans oublier ces montagnes entre forêts féeriques et déserts minéraux. De plus, comme la très grande partie du voyage était presque vierge de tourisme, nous avons eu des relations exceptionnelles avec la population. Les villageois curieux interrogeaient nos guides sur notre objectif de voyage, on nous prenait en photo ! Rares étaient les endroits où les enfants nous demandaient « roupies », « chocolate », « ballon ». Au contraire, ce furent de nombreux échanges où parfois on discutait avec des ados qui essayaient de mettre en pratique leur anglais récemment appris.
Et je n’oublie pas les treks en haute montagne où nous avons connu quelques aventures, beaucoup de moments de solidarité, d’émotion entre voyageurs mais aussi avec nos équipes népalaises Huwans.

L’équipe Huwans au plus proche des trekkeurs

Nos guides étaient proches de nous et faisaient attention à notre petit « confort » et ce n’était pas toujours facile.  Il est évident que leur première tâche était de veiller à notre bien-être. Ici on nous prenait la main pour une traversée hasardeuse de rivière, là on nous rassurait devant un passage délicat en haute montagne. Grâce à eux nous avons pu communiquer avec la population locale et je dois dire que nous étions très curieux. Et face à la chaîne de l’Himalaya, leur connaissance du terrain était la bienvenue pour nous situer les principaux sommets ! De plus, pour les deux premières étapes, nous cheminions dans les régions natales de nos guides et nous pouvions ressentir leur plaisir de nous les faire découvrir et leur propre émotion devant leurs amis, leurs familles.

Des rencontres riches et indélébiles

Il y a eu tellement de rencontres! Certaines furtives avec  les locaux qui avaient plaisir à nous expliquer l’histoire de leurs bijoux ou la manipulation de tel ou tel outil. Et d’autres échanges où nous avons pris le temps de découvrir la population locale. Je pense à cet instituteur qui, au moment de le quitter, nous a souhaité un bon voyage et nous a demandé expressément de ne pas l’oublier dans nos pensées. A la famille de Nawang, notre guide sur l’étape 2, qui nous a fait un accueil particulièrement chaleureux avec l’organisation d’une fête de village! Je garderai aussi un souvenir particulièrement ému de Maikot, village où la population entière nous observait avec beaucoup de retenue et d’interrogations. Nous avons fini l’après-midi chez l’habitant à partager l’alcool local et quelques poissons séchés pour finalement rentrer tard dans la nuit au campement…
Malgré des différences selon les régions parcourues, nous avons vraiment été bien accueilli de façon générale. Parfois, le tourisme n’est pas ou peu développé mais grâce à nos guides Huwans, nous avons pu échanger dans le respect et l’altérité. Les locaux étaient curieux de notre voyage et nous de leur façon de vivre. Ce sont les sourires qui dominaient nos rencontres. Toutefois, dans une région particulièrement pauvre, le bassin de Karnali, on ressentait de la part des adultes une certaine attente… qui nous rappelait aussi que le Népal connaissait des difficultés.

Au pays des trekkeurs

Au niveau des treks, ayant fait les six étapes, je trouve que c’était particulièrement bien équilibré au niveau des difficultés.  Au niveau des paysages si j’apprécie plus ceux de haute montagne, j’ai bien aimé aussi les chemins qui longeaient les rivières même si parfois ces chemins étaient un peu vertigineux. Les passages dans les cultures en terrasses pour marcher de village en village étaient aussi agréables, c’est là que nous rencontrions le plus de locaux. L’étape 4, là où nous passions nos cols à plus de 5 000 m, me laissera sûrement les souvenirs les plus impressionnants au niveau marche. En effet, nous y avons rencontré beaucoup de neige et les chemins étaient souvent peu praticables voire inexistants sous la neige… C’est là que nous avons connu nos moments de solidarité, devant les porteurs pour faire les traces car ces derniers, avec leur charge, s’enfonçaient dans la neige, puis derrière eux dans les passages difficiles.

Les lieux de bivouacs étaient majoritairement bien situés, parfois nous pouvions regretter le manque de point d’eau lié à la géographie locale et qui ne permettait ni lavage ni lessive, contraignant pour ceux qui faisaient plusieurs étapes de suite. Personnellement, il m’est arrivé de faire quelques remarques désagréables à nos responsables sur l’arrivée tardive de quelques porteurs et sans raison liée à des difficultés de terrain… Attention je relativise, sur 84 nuits cela est arrivé quelques fois et le « staff » en a pris compte, ce qui prouve qu’il ne faut pas hésiter à faire une petite remarque plutôt que de ruminer de son côté…

Un pays authentique et attaché à la tradition

J’étais surpris de voir que les traditions vestimentaires étaient encore bien vivantes. La plupart des femmes, jeunes et moins jeunes portent les tenues locales, en revanche chez les hommes seuls les anciens semblent porter le « surwal » et le « topi ». Dans certaines ethnies les dames, même des jeunes, portent encore de lourds bijoux aux narines et aux oreilles. Les népalais, même les jeunes, semblent fortement attachés à leur culture musicale. Nous en profitons lors de nos soirées de fin de trek! Au cœur des familles, une de mes surprises était de voir comment les enfants les plus âgés s’occupaient de leurs frères et sœurs, c’était très touchant…
Pour terminer, dans le milieu scolaire, en plus des uniformes, on pouvait voir que, dans chaque école publique ou privée, les enfants en rang et en silence assistent à la levée du drapeau népalais et chantent l’hymne nationale, idem le soir à la descente du drapeau…

La vie du groupe Huwans

Le groupe est composé d’individus tous différents les uns des autres, mais force est de constater que globalement les groupes sont d’une part curieux et d’autre part téméraires devant les efforts et les difficultés.  Bien entendu, chacun a son pôle d’intérêt:  les paysages, le côté sportif du trek, les échanges avec la population ou encore l’aspect culturel et religieux des régions traversées. Mais toutes ces différences font aussi la richesse de nos discussions le soir. Ce qui était remarquable, c’est que, si parfois il pouvait y avoir de rares tensions entre nous (n’oublions pas que pour certains, dont moi, nous avons vécu en groupe matin, midi et soir pendant plus de 3 mois !), tous cherchaient à retrouver rapidement de la sérénité et la bonne ambiance, les « fou-rires » n’étaient pas rares ! La très grande majorité des participants n’en n’était pas à leur premier voyage au Népal. Mais, tous ceux qui découvraient cet univers pour la 1ère fois étaient bien entourés par les plus expérimentés. J’aimais voir les regards admiratifs, surpris de celles et ceux qui découvraient ce type de voyage, je ressentais leur émotion…

Découvrez le film de Martial sur cette grande expédition 2012 au Népal!

[youtube]http://youtu.be/niQBgE-MhcI[/youtube]

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