Interview de Sunil Tamang, un de vos porteurs sur les sentiers de Zamzam

Loin des routes goudronnées de Katmandou, les régions montagneuses de ce pays,  ne sont accessibles qu’à pied . Ces zones  sont  préservées et idéales pour les treks, mais l’organisation d’un voyage dans ces régions n’est possible que grâce à nos « bhariyas dai » (frères porteurs en népalais).
Sur les sentiers de l’Himalaya, en montagne russe, alors que les trekkeurs marchent avec un petit sac à dos de 5 kilos, les porteurs népalais courent quasiment, en chantant avec des charges gigantesques sur leur dos, et biensûr toujours avec un très grand sourire. Incroyable non !
Une technique, typiquement local, les népalais transportent leurs marchandises dans des dokos (grand panier fait en bambou) qu’ils portent avec la force de leur front, à l’aide d’une cordelette. Si vous avez l’occasion, faites un test !

Nous vous présentons Sunil Tamang qui travaille avec nous depuis plusieurs années. Vous le croiserez certainement sur les voyages ZAMZAM !

Sunil, parle nous un peu de toi et ton parcours dans le tourisme jusqu’ici.

J’ai 25 ans. Je suis marié et j’ai deux enfants de 7 et 3 ans. Je viens de Samarthang, un petit village dans la région d’Helambu.

Je suis agriculteur mais durant la saison touristique, je préfère travailler pour clubaventure. Cela me permet d’apporter  des revenus supplémentaires à la maison. Cet argent me sert à subvenir aux dépenses exceptionnelles de la famille (les frais de scolarité des enfants, des cadeaux pour les fêtes, des frais médicaux etc.).

Comme la plupart de mes camarades porteurs que je croise en trek,  j’ai  commencé à travailler dans les champs depuis le très jeune âge, car il fallait bien aider mes parents. Maintenant que notre famille a bien grandi, et les besoins sont plus importants, je ne peux plus me contenter des récoltes. Ça fait donc environs 5 ans que je travaille pendant la saison touristique en tant que porteur.


Et ça te plaît de travailler dans les treks?

Avant de travailler en itinérance sur des treks, je travaillais pour des lodges dans le massif de l’Everest dans des conditions épouvantables ! Je portais jusqu’à 80 kilos, et marchais 10 heures par jour pendant plusieurs jours pour gagner de faibles revenus. Même si j’ai toujours eu l’habitude de porter des charges lourdes, 80 kilos ça faisait un peu trop.

Heureusement, grâce à un cousin, qui travaillait déjà pour une agence de trekking, j’ai eu ma première opportunité de « côtoyer les occidentaux »,et ça me plaît mieux. Les charges son nettement moins lourdes et il y a une très bonne ambiance, surtout durant les treks en bivouac. J’adore regarder les touristes, car ils sont tellement différents de nous…  A chaque fois j’ai envie de leur poser plein de questions sur eux et sur leur pays mais malheureusement avec la barrière de langue ce n’est pas toujours évident.


Décrit-nous une de tes journées types durant un trek en bivouac.

Je suis un « lève tôt « donc je suis déjà debout vers 6 heures. J’adore ce moment de la journée. C’est calme, la nature se réveille tout doucement… Les montagnes sont juste à côté et me rappellent la maison…

Petit à petit tout le monde se réveille. Je donne un coup de main au cuisinier pour préparer et servir le petit déjeuner. J’aime rester actif, surtout les matins où il fait froid (avec un rire). Après le petit déjeuner, les touristes partent. Nous démontons les tentes et préparons nos charges. Et me voilà parti avec mes amis porteurs pour une bonne marche! J’adore le moment où on double les voyageurs qui ont souvent du mal à marcher à notre rythme! Selon les journées, les étapes sont plus ou moins longues, mais en général ça dure entre 3 et 5 heures pour nous. Nous arrivons bien en avance à l’étape. En attendant les touristes, nous aidons à monter les tentes, discutons, jouons aux cartes.. Le soir en général on mange ensemble et parfois même on fait la fête. Je dois dire que je préfère les treks en bivouac au trek en lodge pour l’ambiance et aussi parce qu’on a plus de contact avec les trekkeurs.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.