Le Nouvel an tibétain vu par un expert

Jérôme, responsable des équipes clubaventure Himalaya, nous fait partager son expérience du festival du Nouvel an tibétain de Labrang.

« Au cœur de l’hiver, lorsque les troupeaux sont parqués et que les travaux des champs laissent un peu de répit, pasteurs nomades et paysans se retrouvent pour célébrer avec les moines du monastère, le festival de la Grande Prière, Mönlam en tibétain. Temps religieux, bien sûr, et aussi vaste foire commerciale où les nomades viennent se procurer l’orge et tous les produits manufacturés, des selles aux aiguilles, introuvables sur le plateau. Mais c’est surtout un temps de fête et de rencontre où les jeunes filles, sous leur bonnets de renard et parées de turquoise et de corail, donnent à voir leur timide beauté aux jeunes hommes, arrogants dans leurs lourdes pelisses rehaussées de loup ou de léopard.

C’est à Tsongkhapa, grand penseur du bouddhisme tibétain, que l’on attribue la fondation du Mönlam, au début du XVème. Ce festival est la plus grande fête du monde tibétain et la réaffirmation solennelle de l’attachement du pays au bouddhisme et à son chef spirituel, le Dalaï Lama. Il coïncide avec le nouvel an et inaugure le renouveau agraire et liturgique par des souhaits pour la prospérité du pays, la longévité des vivants ou le bonheur céleste des morts.

Dans la froidure du petit matin, dans une cohue indescriptible, la foule endimanchée s’est massée au pied du grand mur qui fait face au monastère. Au son des trompes et des cymbales, une petite troupe de cavaliers fend la foule pour ouvrir le passage de l’abbé qui va présider la cérémonie tandis qu’apparaît au loin une cohorte de moines qui serpente dans les ruelles du monastère en portant à l’épaule le tanka monumental qui doit être déployé avant le lever du soleil. Cette icône appliquée sur soie et brocart mesure trois cents mètres de long représente le Bouddha Amithaba. Ces tankas monumentaux, que l’on trouve dans tous les grands monastères himalayens, sont appelés Tongdrol, « la libération par la vue », car selon la croyance populaire, leur simple vue a la pouvoir de conduire à l‘Éveil.

Comme une vaste voilure, la précieuse relique se déploie lentement au rythme de l’orchestre. Etonnants moments de grâce : sur les visages tannés des pasteurs de la steppe, la fierté et l’arrogance ont laissé place à la candeur d’enfant, comme lorsqu’au milieu de la nuit suivante, ils iront admirer les sculptures en beurre coloré, éphémères oeuvres d’arts, réalisées par les moines des différents collèges qui seront offertes aux flammes en offrande aux divinités protectrices.

Puis viennent les danses masquées, où les moines incarnent les divinités qu’ils ont invoquées au cours des semaines précédant le festival… ils prennent possession de l’aire et dessinent dans l’espace le mandala de la divinité, un cercle imaginaire, en une danse extrêmement codifiée. Et lorsque la tension devient trop forte, les atsaras aux masques grotesques apportent par leurs pitreries une note rafraîchissante que la foule ponctue de rires bon enfants. »

Festival du Nouvel an tibétain en l’Amdo
prochain départ le mercredi 9 février 2011, festival du 15 au 18 février 2011

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